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Sur les iles du monde entier le cocotier est roi et en Polynésie cela ne fait pas exception. La silhouette gracieuse du cocotier est devenu le symbole des vacances paradisiaques mais la quantité infinie de son usage est encore mieux que l’image romantique de cet arbre. Le cocotier n’est pas seulement un ingrédient de la vie de tous les jours en Polynésie, il joue aussi un rôle important dans les mythes de l’archipel. On l’appelle le plus souvent l’arbre de vie, arbre du ciel ou encore arbre aux cent usages, vous comprendrez rapidement pourquoi en lisant cet article …
Pour les touristes le cocotier est synonyme de vacances : s’allonger sur des plages ensoleillées et nager dans des eaux turquoises mais pour les Polynésiens le cocotier est bien plus qu’un élément faisant partie du décor.
Le cocotier apporte nourriture et boisson incluant sa fibre biodégradable utilisée pour les toits, les feux, fertilisants et bien plus.
Il y a plus de 2000 ans les Polynésiens amenèrent avec eux dans leur pirogue l’indispensable noix de coco alors qu’ils s’en allaient faire leur migration de l’Asie du Sud Est vers tout le triangle Polynésien. La noix de coco avait cet avantage de pouvoir être conservée très longtemps et pouvait donc ainsi être plantée d’île en île. Cet arbre ainsi que le uru (fruit a pain), taro et mei’a (bananier) étaient de très importantes ressources comestibles. C’est de cette façon que le cocotier pris cœur aux légendes Polynésiennes et devint un symbole visible de la conquête du Pacifique par ces navigateurs.
La coco a toujours été utilisée dans la cuisine Polynésienne.
Certaines noix de coco peuvent contenir jusqu’à 1 litre d’eau de coco rafraîchissante. La chaire de la coco peut également être dégustée à différentes étapes de maturation : celle ou la chaire ressemble à de la gelée qui est souvent donnée aux enfants ou encore la coco râpée ou mature qu’on laisse sécher pour en faire de la farine.
La chaire de coco peut être chauffée alors pressé à froid et filtré pour produire l’huile de noix de coco. Autrefois cette huile était brûlée pour les lampes mais elle avait aussi beaucoup d’autres utilisations. Dans quelques îles elle a été utilisée pour embaumer les morts; plus fréquemment aussi pour rendre la tapa imperméable : le tissu polynésien largement utilisé et fait d’écorce.
Les docteurs traditionnels utilisaient souvent l’huile dans leurs médicaments (appelé ra’au en Tahitien) particulièrement pour traiter les problèmes du cœur et des reins. Aujourd’hui l’huile de noix de coco monoi parfumée fleurie est utilisée pour le massage comme autrefois. Mais peut-être le rôle le plus inhabituel de la noix de coco dans la médecine traditionnelle était l’utilisation de la noix pour réparer des fractures de crâne!
Le cocotier produit bien plus que du comestible. Sa noix peut être utilisée pour en faire bol, tasses, couverts etc qui sont très jolis une fois polis avec l’huile de coco.
La fibre des cosses de noix de coco mûres, quand traitée correctement peut être utilisée comme filtre ou pour calfeutrer des pirogues et commencer des feux. Quand brûlé, les cosses produisent une fumée épaisse qui est très efficace pour garder éloignés les moustiques. Quand la cosse est tissée les fibres font alors une corde excellente et sont idéales pour fabriquer des paniers.
Des frondes de coco toujours vertes peuvent servir pour une myriade d’objets : de couverture aux nattes, des paniers, des filets, éventails etc. Le bois de coco est très résistant et a souvent été utilisé pour des postes structurels ou comme piliers pour surélever des maisons. On l’utilise de plus en plus souvent pour les bungalows visant à accueillir les touristes ou encore pour l’artisanat.
Autour du début du 20e siècle, la culture de coco est devenue une grande entreprise en raison des besoins croissants de l’Europe et les USA dont la consommation de grasse montait. Ceci a signifié qu’il y eu une forte demande pour le coprah, la viande séchée de coco. Pendant la Première guerre mondiale de 1914 à 1918 le coprah est devenu la source numéro un d’huile végétale dans le monde. Ceci a inspiré les gens de la Polynésie française (des colons principalement européens) pour développer des plantations énormes de coco. Cette agriculture de coco a transformé le paysage d’îles particulièrement sur les atolls et les îles basses. Les vrais Polynésiens quant à eux ont seulement planté un nombre limité de cocotiers surtout autour des villages.
Depuis de nombreuses années le coprah a maintenu sa position comme l’exportation principale de la Polynésie française. Aujourd’hui, le coprah polynésien compose seulement une fraction de la production mondiale puisqu’il est produit beaucoup moins cher par les pays rivalisant de l’Indonésie, les Philippines et l’Inde. Le gouvernement a quand même artificiellement maintenu le prix qu’il donne à ses producteurs de coprah et l’activité soutient toujours beaucoup d’insulaires particulièrement dans l’archipel des Tuamotu. L’industrie a aidé à contrecarrer des tendances vers la migration extérieure des îles plus éloignées. Les plantations de coco dans de hautes îles plus développées comme la Tahiti ont été essentiellement été abandonnées.
Parmi la collection énorme de produits produits de la noix de coco est la fleur renommée mondiale de la Tahiti monoi l’huile de noix de coco parfumée. L’huile est faite en macérant la tiare des gardénias dans l’huile de noix de coco polynésienne française fortement raffinée. Aujourd’hui l’huile peut seulement être appelée monoi si elle est faite en Polynésie française avec certaines procédures de production, par exemple beaucoup comme le vin pétillant peut seulement être appelé le champagne s’il est du Champagne, la France.
Il y a une partie de l’écorce du cocotier qui ressemble plutôt à des feuilles mortes et qui permettent de faire des costumes, on appelle cela du « kere », cette écorce est très utilisée par les danseurs et danseuses Polynésiens.
Dans la danse traditionnelle (Ori Tahiti), la noix de coco est utilisé en guise de « tape’a titi » -> soutien gorge, elle est coupée en deux, vidée de sa nourriture, puis nettoyée, enfin les deux moitiés sont rattachées entre elles.
Partout dans les îles du Pacifique de la Polynésie à la Micronésie et même la Mélanésie, il y a une légende à propos de la noix de coco. La légende assimile la noix à la tête d’un homme, la fibre à ses cheveux et les trois trous au-dessus de la noix de coco comme ses yeux et sa bouche. A Tahiti on dit aussi que la noix de coco est venue des crânes d’enfants morts et symbolise la fontaine de la vie.
Il y a fort longtemps, une jeune fille de toute beauté par sa peau dorée et sa chevelure soyeuse se prénommait Hina. Elle était destinée à épouser un prince, celui des anguilles. Effrayée par le physique de son prétendant au corps gigantesque et à la tête énorme, Hina prit la fuite et se réfugia dans la maison du Dieu de la pêche Hiro.
Ce dernier, ébloui par la beauté de Hina et touché par son histoire, prit un cheveu de la jeune femme et pêcha l’anguille qui se rapprochait d’elle par la mer. Hiro découpa alors le prince des anguilles et enveloppa sa tête dans des feuilles. Avant de mourir, l’anguille dit à Hina : « Tous les hommes qui me détestent, et toi la première, Hina, un jour, pour me remercier, vous m’embrasserez sur la bouche. Je meurs, mais ma prédiction, elle, est éternelle. ».
Hiro confia la tête de l’anguille à Hina et lui conseilla alors : « Hina, fille de beauté, tu peux retourner chez les tiens, et là-bas, tu détruiras cette tête. Mais tout au long de ta route ne la pose surtout pas à terre, car alors la malédiction de l’anguille se réaliserait. »
Sur le chemin du retour, la belle jeune femme et les suivantes qui l’accompagnaient furent prises de fatigue et décidèrent de s’octroyer un bain dans une rivière, oubliant l’avertissement du Dieu Hiro. La tête de l’anguille posée sur le sol s’enfonça dans la terre, et de là naquit un grand arbre, long par son tronc telle une immense anguille, et doté d’un feuillage pareille à une chevelure ; le cocotier venait de naître.
Hina fut alors condamnée par les Dieux à demeurer près de cette rivière, l’arbre étant devenu tabou… La vie suivit son cours jusqu’au jour où une terrible sècheresse frappa les terres et durant laquelle seul le cocotier résistait au soleil. Ainsi, malgré l’interdiction des Dieux de toucher à cet arbre, les hommes cueillirent ses fruits dotés d’une eau claire et nourrissante. Chaque fruit était marqué de 3 taches sombres disposées comme des yeux et une bouche sur laquelle les hommes apposèrent leurs lèvres afin de boire l’eau de la noix de coco…. Hina fit de même….. Et la prophétie du prince des anguilles venait de se réaliser.
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